Mon avion décolle à 20h50. Je m’envole ce soir pour Dublin. J’y ai travaillé et y ai noué des liens. Voilà bientôt un an que je n’ai pas mis les pieds dans cette ville cosmopolite. Cette fois-ci j’entraîne ma meilleure amie avec moi. Au programme : retrouvailles, shopping, party, redbull vodka.Balthazar est à Londres. Comme nos parcours sont similaires !
Enfin un week-end qui me fera l’oublier un peu. J’espère.
Bonne Année à Tous !
Dimanche. 14h12. Apéritif. Je discute avec l’amie de Papa. C’est une femme délicate et raffinée. Elle est très discrète et classique. Je n’ai jamais réussi à la tutoyer (elle est l’amie de mon père depuis 15 ans), pourtant je l’aime vraiment beaucoup.Dimanche. 14h15. Toujours Apéritif. Une jeune femme m’interpelle : « tu as vu la bague que ton papa a offerte à ta belle-mère ? Tu passes en seconde position maintenant ! » (elle rajoute un clin d’œil). Je pense qu’elle a voulu faire de l’humour. Enfin j’espère ! Je me suis sentie gênée pour l’amie de mon père.
Oui, il y a des cons partout. Même en Bourgogne !
Je rentre en Bourgogne pour passer les fêtes auprès de ma famille. Je ne me connecterai pas à la toile avant Mardi.Lors de la messe de minuit, samedi soir, j’aurai une pensée pour tous ceux que j’aime et qui me sont chers.
J’aurai une pensée toute particulière pour Golden Neuneuille qui nous quitte et, bien évidemment, pour Balthazar.
Je vous souhaite à tous de passer d’excellentes fêtes de fin d’année, heureuses, joyeuses et fraternelles.
à Arte
Mon doux Mage,
Je tenais à vous faire part des doutes auxquels je suis en proie depuis quelques jours. J’ai passé un mois extraordinairement tendre et enrichissant en votre compagnie et votre amitié m’est précieuse. Votre finesse et votre culture m’impressionnent me laissant parfois sans voix. Nos conversations me rappellent celles que j’ai avec Maman, vous comprenez désormais pourquoi j’aime dialoguer avec vous.
Vous l’aurez compris, je me suis découvert, outre de l’admiration, de l’affection pour vous. Ce sentiment nouveau m’effraie et me pousse souvent à penser, comme je vous l’ai dit dans ma semi conscience de mercredi, qu’il serait judicieux de ne plus nous voir. Cette séparation serait avant tout un moyen de me protéger : il est préférable de souffrir peu maintenant plutôt que beaucoup dans quelques mois.
Vous connaissez à présent mon point de vue et je sais que vous le trouverez raisonnable.
Voici les quelques lignes que je souhaitais vous envoyer. Mais je ne suis pas assez forte. La vie est si compliquée et le Casta Diva de Maria Callas que j’écoute sans cesse depuis ce matin m’enivre et me fait perdre la tête. Ne tenez compte d’aucun mot qui précède.
Je vous embrasse tendrement.
Anne-Sophie
Voilà, Balthazar est parti. J’ai retrouvé mon appartement et mon chat. Il a eu du mal à me reconnaître. Mais il a suffit d’une boîte de Whiskas au saumon en gelée pour retrouver ce lien unique : maîtresse/animal.
Je me pose beaucoup de questions sur notre non-avenir (je parle de Balthazar là ! pas de mon chat). En effet, notre relation s’achèvera en juin 2006. Non, cette décision n’est pas cruelle mais réfléchie. Voilà deux mois déjà que je fréquente Balthazar. Dès le début nous avons longuement parlé de nos attentes : je sors d’une relation, je ne veux pas m’engager dans une autre ; Balthazar aussi. Notre relation reste plus ou moins cachée : seuls nos ami(e)s proches sont au courant et ont le privilège de nous voir nous comporter comme un couple normal. Les autres n’en savent rien et nous avons décidé, devant ces autres, de ne pas avoir de comportement leur permettant de déceler la moindre affection entre Balthazar et moi.
En juin 2006, je quitte ce doux et beau pays ; Balthazar, quant à lui, repart au Cambodge (non, il n’est pas cambodgien ! il a travaillé là-bas et retourne y travailler). Et puis des milliers d’autres micro-raisons qui nous sépareront… Voilà la situation claire et limpide telle qu’elle était jusqu’à aujourd’hui.
Depuis nos retrouvailles, le 14 novembre dernier, j’ai dormi, en tout et pour tout, 3 nuits chez moi ; repassant en coup de vent pour nourrir mon chat et renouveler ma garde-robe.
Cette semaine, Balthazar et moi disposions de 3 jours de vacances. Trois jours extraordinaires qui se sont achevés sur le quai de la gare, aujourd’hui, à 17H42. J’ai passé trois jours… EXTRAORDINAIRES.
Et je suppose que vous voyez le problème qui s’annonce ?!? Notre relation s’est quelque peu intensifiée. C’est un garçon d’une finesse et d’une culture incroyables (Arte, je t’imagine un peu comme lui). Nos points de vue sont bien souvent très éloignés et nos conversations sont animées mais toujours tolérantes et respectueuses de l’autre. C’est en outre un amant fabuleux.
J’ai donc aujourd’hui pris conscience de la difficulté que je vais avoir à le quitter en juin. Mon image de fille froide et sans cœur me permettra sans aucun doute de paraître ne pas en souffrir mais j’appréhende malgré tout ce moment. Je sais que Balthazar souffrira aussi, je le lis dans ses yeux parfois embués, ses mains et ses baisers avides de réponses.
Balthazar, I thought i was stronger than i am. I thought I could close my heart. However I won’t tell you anything. I’ll show you a face made with joy and unconcern. I know your pride and your situation will prevent you from… Too much ghosts in you. Not enough self-confidence in me.
A tête reposée, je sais que je m’engage sur une mauvaise voie. Et malheureusement, my bright side always wins : profite de la vie.
Allez, j’arrête de réfléchir !
